Arroser le parc de Sybirol ou Sisyphe au pays des arbres…
Arroser Sybirol, un travail de Sisyphe, oui, mais Sisyphe était seul pour remonter son caillou, qui inexorablement, retombait. A Sybirol, les arrosages sont effectivement sont sans fin, mais grâce aux volontaires de l’association, c’est une charge partagée, et cela change tout.
Quoi et pourquoi arroser le parc de Sybirol ? Il faut revenir en 1999 , la tempête du siècle, suivie en 2007 de Claus, qui a fait aussi son lot de dégâts. De très nombreux arbres plantés par le paysagiste Louis-Bernard Fischer dans la 2 ème moitié du 19 ème . Le parc est défiguré.
Ensuite, il y a des années de bûcheronnage et dès 2003 un programme de replantations, parfois avec les mêmes espèces (cèdres, marronniers, sophoras, charmes, pins, séquoia…) parfois avec de nouvelles variétés pour enrichir les couleurs d’automne (érables, sassafrasses, nyssa, parotia…)et pour adapter le parc au changement climatique avec toute une collection de chênes. Entre 20 et 60 arbres sont plantés chaque année, glanés sur des foires au plantes, auprès de pépiniéristes spécialisés ou sur internet. Sur plus de 20 ans, cela fait pas mal !
Plan de réimplantation : arbres plantés depuis plus de 20 ans en rouge aux plus récents en orange.

Évidemment, il faut arroser ces jeunes plants pendant 1 an, 2 ans, 3 ans. Au début, ils demandent d’être arrosés très fréquemment,ensuite tous les 15 jours puis tous les mois. Alors, chaque année, on sort le tracteur, la tonne à eau et les arrosoirs pendant l’été. Au bout de 5 ou 6 ans, l’arbre s’est constitué un système
racinaire qui le rend autonome.
Sauf que le changement climatique fait son œuvre. Certaines années, les arbres plus âgés souffrent, il faut se mettre à arroser les arbres de 7 ans, 10 ans, 12 ans voire 15 ans sous peine de les perdre.
Seul, en 2023, je m’épuise et je pense à demander l’aide des membres de l’association. Dès le lendemain, des volontaires se mobilisent presque tous les jours et c’est tellement encourageant !
2026 sera donc l’été de la solidarité, entre la sécheresse et les canicules. Pas moins de 200 à 300 arbres, disséminés sur tout le parc ont besoin d’être arrosés. Tout l’été les volontaires s’enchaînent, les rotations permettent de sauver ces arbres. Un énorme MERCI à eux car arroser ces arbres, c’est continuer ce travail de transmission d’un lieu vivant.

