Montaigne, prudence, prudence !


Montaigne est sans doute le plus fameux de ces visiteurs.
Nous sommes en juillet 1585. Montaigne est encore Maire de Bordeaux pour 3
semaines et séjourne dans sa propriété de l’Entre-deux-Mers. II faut dire que la peste
fait rage dans Bordeaux. Dès que la maladie s’est déclarée, Montaigne, toujours
aussi sage, a immédiatement quitté la ville et s’est réfugié dans ses terres.


Sa fonction d’ancien Maire l’obligerait cependant à venir à Bordeaux pour rencontrer
le nouveau Maire et organiser la passation de pouvoir. Il va trouver moyen de limiter
le risque… en organisant cette cérémonie à Feuillas : Le 30 juillet, de sa campagne,
il écrit :
« Je n’épargnerai ni vie ni autre chose pour votre service, et vous laisserai juger si
celui que je puis vous faire par ma présence à la prochaine élection vaut que je me
hasarde d’aller en la ville, vu le mauvais état en quoi elle est, notamment pour les
gens qui viennent d’un si bon air comme je le fais. Je m’approcherai donc Mercredi le
plus près de vous que je pourrai, à Feuillas, si le mal n’est pas encore arrivé ; je serai
très aise d’avoir cet honneur de voir quelqu’un d’entre vous. »


Et nous savons que c’est bien comme cela que les événements se sont déroulés
puisque ce fameux mercredi, Montaigne a écrit et daté une lettre (sur un tout autre
sujet) depuis Feuillas. La sagesse voire la prudence de Montaigne ne sont donc pas
qu’un mythe !  

Feuillas, Sybirol maintenant, à la fois assez près pour quasiment toucher Bordeaux
et assez loin pour s’en protéger, n’est-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

S
AUTEUR
Les amis du domaine de Sybirol
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