Cette pièce avait perdu son décor et était « brute de coffrage » après des travaux de démolition des années 1990. Cette chambre est une (re)création récente réalisée à partir d’éléments d’époque réadaptés à la pièce. La distribution de la pièce et la présence des portes d’origine donnant dans le couloir suggèrent que cela pourrait avoir été l’organisation d’origine. Mais l’alcôve, le dessus de porte, la cheminée et son trumeau, tous du 18ème, ont été acquis pour cette pièce. Le parquet et la toile de coton sont neufs. Un mobilier 18ème régional complète le décor.
Le principe de la chambre à alcôve se répand dans les belles demeures du 18ème siècle car cela apporte un élément de confort. Le lit est intégré dans une alcôve qui peut se fermer et ainsi garder la chaleur. Le lit reste plus court que nos lits actuels car on ne dort pas complètement allongé (position associée à la mort) mais à moitié assis, calé dans de nombreux coussins.

De part et d’autre de l’alcôve, les boiseries permettent d’intégrer 2 petites pièces de service : « la chaise » équipée d’une chaise percée (ancêtre de la salle de bain) et « la garde-robe » où le valet de chambre ou la camériste disposera la toilette à porter par Monsieur ou Madame (ancêtre du dressing). Ces pièces disposent d’une porte arrière donnant sur le couloir permettant au personnel d’y accéder sans déranger le propriétaire des lieux.
Le mobilier de la chambre intègre fréquemment une coiffeuse pour la toilette, un secrétaire pour écrire son courrier mais également une table à jeux car à cette époque, on reçoit fréquemment ses invités dans sa chambre.
Au mur , un tissu de coton, les « indiennes », remplacent les tapisseries de laine des siècles précédents. Les motifs peuvent s’inspirer de la mythologie, de la nature ou des travaux agricoles. Les toiles les plus connues sont les toiles de Jouy mais dans la région bordelaise, l’équivalent est produit à Beautiran.

